Vue aérienne de l'autoroute Dr. Ricardo Balbín et du port de Dock Sud, à Avellaneda dans la province de Buenos Aires, le 26 février 2026. ( AFP / LUIS ROBAYO )
L'activité économique argentine a maintenu son rythme de croissance au premier trimestre 2026, avec une hausse de 2,3% en glissement annuel, portée en grande partie par les exportations, selon les données mardi de l'institut officiel des statistiques.
Le produit intérieur brut (PIB) a également progressé en données désaisonnalisées par rapport au quatrième trimestre de l'année précédente (+0,7%), a ajouté l'organisme national.
Toutefois, l'évolution de l'activité économique révèle de fortes disparités entre les secteurs.
L'agriculture (+18,1%), la pêche (+27,5%), l'exploitation minière (+12,3%) et les services financiers (+7,5%) sont les principaux secteurs qui ont tiré la croissance économique au cours des trois premiers mois de l'année.
En revanche, l'industrie manufacturière (-1,7%) et le commerce de détail (-0,3%), entre autres, sont les secteurs les plus touchés.
La consommation a en revanche reculé de 1,5% au premier trimestre, la viande bovine, emblème de la table argentine, s'est effondrée de 10% sur cette période, tombant à un plus bas depuis des décennies.
"On assiste à ce paradoxe: même si le niveau d'activité augmente, la consommation, l'emploi et les salaires diminuent", a déclaré à l'AFP Florencia Fiorentin, économiste en chef chez Epyca Consultores.
Le chômage s'est établi à 7,8% au premier trimestre 2026, contre 5,7% lorsque le président ultralibéral Javier Milei a pris ses fonctions en décembre 2023.
Le travail informel a également augmenté pour atteindre 44% en avril, a indiqué lundi l'Indec.
La réforme du travail – adoptée en mars – a réduit les indemnités de licenciement et autorisé leur paiement échelonné, entre autres mesures.
"Tout cela a des répercussions sur le revenu des personnes parce qu'elles perdent leur emploi et, si elles intègrent le marché informel, leurs revenus sont plus faibles ou irréguliers. Et cela affecte la consommation", a expliqué Mme Fiorentin.
Autre conséquence, l'arriéré bancaire des particuliers qui s'élevait à 3,7% en avril 2025 a grimpé à 12,1% un an plus tard. Les banques publiques ont lancé des plans de sauvetage pour assainir les impayés.
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